mardi 20 octobre 2009

2009, une vendange bénie des Dieux...

2009, Une vendange bénie des dieux…

Les trois stades importants dans le cycle végétatif de la vigne : débourrement, floraison, véraison (virement de la couleur des raisins en vert à rouge), ont eu lieu à des dates conformes à la moyenne des années précédentes. Malheureusement un orage de grêle début mai abîmait fortement le cépage merlot sur 3 ha, nous ne récolterons qu’une demi-récolte sur cette parcelle.

Le mois de juillet fût chaud, peu humide, le mois d’août également chaud et très sec, juste une pluie début août, la suivante, significative a eu lieu les 19 et 20 septembre.

Autant dire que les conditions météo étaient des plus favorables pour permettre une maturité optimum des raisins en gardant un état sanitaire aussi sain que possible. En vingt ans de Haut-Lagrange, c’est la deuxième fois que le botrytis reste complètement absent des raisins.

Le blanc.

Le Sauvignon a été ramassé le 9 septembre, beau sauvignon, très sain, avec une teneur en sucre dépassant les 12 degrés, tout en gardant une acidité un peu élevée (4 g/l) mais elle compensera celle des sémillons qui est classiquement plus faible.

Nous avons attendu jusqu’au 22 septembre pour récolter les sémillons, cette attente était rendue possible grâce à l’excellent état sanitaire des raisins, les précurseurs d’arômes ont ainsi eu le temps d’optimiser leur maturité. 11% potentiels, une acidité de 3,5g.

Actuellement, nous trouvons beaucoup de fraîcheur, d’expressions aromatiques de fruits blancs, un vin qui a une belle longueur en bouche et du volume. Sûrement, un grand blanc à boire d’ici 2 à 5 ans.

Le rouge.

Nous avons organisé la vendange pour récolter les merlots sur 6 jours afin de préserver un bon équilibre dans la maturité, sachant qu’il a une plage de maturité optimum de 4 à 6 jours pour ce cépage. Plage de maturité optimum, veut dire des raisins mûrs, qui, une fois fermentés, donneront des vins qui gardent du fruit, de la finesse et un bel équilibre.

La pluie qui est tombée les 19 et 20 septembre a fait baisser les degrés potentiels à 13,5% (ils étaient à 15 degrés potentiels avant la pluie) et gonfler les raisins qui, sous l’effet de la sécheresse, commençaient à flétrir. Les cuves finies donnent des vins d’une belle rondeur, du gras, beaucoup de finesse, du rarement vu…

Les cabernets-sauvignons ont été récoltés dès le 2 octobre jusqu’au 15 octobre, étalés sur 8 jours de travail, ceci pour respecter des maturités différentes observées lors de la mi-véraison. Les degrés obtenus étaient autour de 12,5% pour des acidités de 4 g. Aussi bien en merlot qu’en cabernet-sauvignon, les rapports alcool/acidité sont excellents Les vins obtenus ont la puissance caractéristique des cabernets-sauvignons, une belle longueur, beaucoup de finesse. Là encore, du rarement vu…

Tout s’est bien passé pendant ces vendanges, un beau temps, des raisins sains, des maturités parfaites vérifiées par la méthode Glories. Tous les feux étaient au vert. C’est en confiance que l’on aborde la période d’élevage qui permettra à ce vin à la qualité rarement égalée, de confirmer tout le bien que l’on peut penser de ce millésime 2009.

Deux évènements importants ont marqué ces vendanges.

Le professeur Yves Glories, ancien doyen de la faculté d’œnologie nous a accompagnés pour les vinifications pendant plus de quinze ans. Il était une personne avec laquelle au fil du temps, des liens de grande affection s’étaient créés. J’avais une grande admiration devant l’immensité de son savoir qui savait rester pratique. Il est décédé au printemps à la suite de grandes souffrances physiques. Sa voix caractéristique, sa démarche hésitante, ses jugements sans concessions, nous manquaient pendant ces vendanges, engendrant la mélancolie ressentie lors de la perte d’un être proche.

Mais la vie continue, c’est maintenant Marie-Laurence Porte, jeune œnologue conseil du laboratoire œnologique de Cadillac qui nous assiste. Marie-Laurence a tout de suite pris la mesure des vins que l’on fait à Haut-Lagrange, elle est une aide précieuse pour nous accompagner au quotidien dans notre quête constante de la qualité.

D’autre part, pour nous désengager d’encours bancaires aux taux prohibitifs et permettre à notre associé, une société de capital-risque de reprendre une liberté qui lui était promise depuis une dizaine d’années, nous nous sommes séparés de quelques hectares de vigne, ce qui ramène la superficie de Haut-Lagrange à 1 hectare de blanc (50% de Sauvignon, 50% de Sémillon) et 7,3 hectares de rouge (45% de Merlot, 55% de Cabernet-Sauvignon).

C’est une petite propriété en Pessac-Léognan, d’une taille moyenne si nous étions à Saint-Emilion, une propriété que l’on qualifiera de propriété à structure familiale avec une production de 6.000 bouteilles en blanc, et 50.000 bouteilles en rouge.

Une page est tournée, nous avons maintenant la tranquillité d’esprit vis-à-vis des banques qui nous ont aidés à créer Haut-Lagrange, mais qui nous l’ont fait chèrement payer !

Rendez-vous dans quelques mois pour déguster ce beau millésime 2009.

Avec les sentiments les meilleurs de Francis Boutemy


A Léognan, le 20 octobre 2009

samedi 10 octobre 2009

De la diversité...

De la diversité…


Nous avons fini les merlots le 29 septembre, mais les cabernets les plus précoces avaient bien mûris aussi dès le 1er octobre, nous commencions la cueillette de ce cépage

Nous venons de passer quinze jours d’un très beau temps au cours desquels nous avons géré le ramassage des raisins avec une grande sérénité. Les grappes sont restées très belles, aucun signe de maladie, les deux jours de pluie que nous avons connue en septembre avaient gonflé les raisins et ramené les degrés alcooliques à des moyennes raisonnables.

Nous ramassons chaque jour 0,6 ha avec l’automoteur que nous avons mis au point : les vendangeurs sont assis et nous trions le raisin directement dans la vigne. Ainsi connaissant exactement le temps qu’il nous faudra pour tout ramasser, nous pouvons planifier en fonction des maturités optimums.

Le cabernet-sauvignon est un cépage que l’on peut laisser murir longtemps, à l’inverse du merlot dont la plage de maturité optimum est de quelques jours. D’autre part, le fait d’étaler la vendange dans le temps surtout avec les cabernets permet tout en ciblant une maturité optimum d’avoir une certaine diversité dans ces maturités.

Mon ami Alain Oustaloup, grand scientifique, directeur de laboratoire à Bordeaux4, concepteur d’un modèle mathématique dit de Crone, grand amateur de Haut-Lagrange disait « la diversité dans la nature est un facteur d’équilibre ». Cette phrase m’est restée, et je m’aperçois que ce principe est à appliquer à tous les stades dans le vignoble et au chai. Ramassons des raisins justes mûrs, bien mûrs, et très mûrs, bien sur cela se joue à 3 – 4 jours de différences, mais on garde ainsi des vins équilibrés.

Bref, les merlots pèsent 13,5% d’alcool en moyenne, les fermentations étant terminées et les cabernets-sauvignons seront proches de ces moyennes, ce qui est exceptionnel.

Nous devrions faire un très beau millésime, mais attendons de voir ce que nous aurons à l’écoulage.

A Bordeaux en ce moment, ont lieu les 37èmes journées de Communautés Urbaines de France. Les organisateurs avaient demandé à mon groupe d’Assemblage en Bordeaux de venir faire déguster nos vins à tous ces élus avant le dîner de gala de ce 8 octobre. Nous étions 10 viticulteurs, j’ai pu expliquer à Monsieur Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon tous les bienfaits d’une consommation régulière de Haut-Lagrange, je ne sais pas si je l’ai convaincu, lui qui est dans une région de grands vins. Cependant, j’ai eu le plaisir d’entendre beaucoup de compliments sur le 2006 présenté et les personnes venaient en me disant : il parait que le vin est très bon chez vous… Tout cela est fort encourageant et nous conforte dans l’idée de continuer à faire des vins authentiques !!!

Il nous reste 4 jours de vendange, jeudi prochain tout sera terminé.

dimanche 27 septembre 2009

En ce beau dimanche...

En ce beau dimanche…

Toute la semaine a été consacrée au ramassage du raisin.

Lundi les sémillons qui avaient pris une belle teinte dorée, avaient passé un cap de maturité optimum, un bon équilibre alcool/acidité. Ils sont maintenant en pleine fermentation, ce matin 1058 de densité. Ils fermentent tranquillement dans une cuve à une température stabilisée de 16° C. Comme d’habitude, cerise sur le gâteau, une petite partie de la récolte fermente dans une barrique neuve de chêne français. Ceci nous apportera lors de la jeunesse du vin, juste ce qu’il faut de complexité en bouche.

Le reste de la semaine a été consacré au ramassage du merlot. Magnifiques merlots, la pluie de la semaine dernière (60 millimètres en 3 jours) a permis au raisin de se regonfler, car la sécheresse faisait que les peaux se flétrissaient. La pluie, en diluant quelque peu le jus, a permis de ramener le degré potentiel d’alcool à 13,5 % d’alcool au lieu de 15 lors des prélèvements.

La première cuve de merlot est entrée en fermentation après deux jours de macération. Une couleur déjà très intense, des arômes de fruits très complexes, qui, n’en doutons pas, se retrouveront dans le vin. A nous d’extraire le maximum de tanins les plus fins et de préserver cette fraicheur apportée par le fruit.

Demain, prélèvements sur les Cabernets-Sauvignons, nous avons deux parcelles, avec des maturités fort différentes. Nous saurons demain soir si nous commençons les plus précoces cette semaine ou si nous attentons encore huit jours.

Un beau millésime qui se prépare, mais attendons d’avoir terminé les vendanges pour crier victoire !

dimanche 13 septembre 2009

Les beaux sauvignons, la commanderie de Vilnius

Le beau temps continue, les raisins restent toujours aussi sains et l’obtention de la maturité optimum peut être gérée au mieux.

Les Sauvignons ont été ramassés cette semaine avec un degré potentiel de 12,4 et une acidité de 4 g, c’est exactement les chiffres souhaités pour obtenir un vin blanc fruité et qui gardera sa fraicheur tout au long de sa vie.

Attendons maintenant la bonne maturité des Sémillons et des merlots. Dès ce début de semaine, le résultat des analyses très poussées de la quantité de tanins présents dans les raisins ainsi que leur extractibilité nous aidera dans le choix de la date de récolte pour les rouges.

Ce vendredi 11 septembre, nous avons reçu à diner une délégation de la Commanderie de Bordeaux à Vilnius, commanderie que le Grand Conseil du Vin de Bordeaux a créé en juin dernier lors d’un bref séjour dans la capitale lituanienne.

Après l’accueil qui nous avait été réservé, nous avions à cœur de réserver à nos amis lituaniens une réception de qualité. Jean-Pascal Paubert, ancien président des sommeliers d’Aquitaine et grand cuisinier avait préparé une entrée de tartare de saumon et de dorade qui s’harmonisait parfaitement avec le Haut-Lagrange blanc 2006 et 2007. Le roulé de canard an foie gras (sa spécialité) emportait tous les suffrages sur un Haut-Lagrange rouge 2005 et 2002.

Nous leurs offrions ensuite sur du 1998, un assortiment de fromage français, accompagné d’un pain aux abricots, figues et noix préparé par le père de Jean-Pascal, ancien boulanger à la retraite.

Tout le monde se quittait en étant convaincu que ces vins de Bordeaux, de Pessac-Léognan en particulier, lorsqu’ils accompagnent un repas de qualité, aident à passer entre amis des moments de grande convivialité. A renouveler….

vendredi 4 septembre 2009

Dans l'attente des vendanges.

Dans l’attente

En ce début Septembre 2009, nous bénéficions d’un temps particulièrement remarquable : beau le jour, frais la nuit.

Ces conditions sont idéales pour obtenir une maturation optimum des raisins. De plus, l’état sanitaire des raisins est irréprochable, je n’ai souvenance en vingt ans d’avoir vu un tel état qu’une seule fois.

Attendons quelques jours pour démarrer les sauvignons qui ont déjà acquis un potentiel alcoolique confortable et une acidité qui permettra de garder toute sa nervosité une fois le vin fini. Mais dors et déjà, la dégustation des baies montre une gamme aromatique rare.

Les Sémillons, un peu plus tardifs, commencent à colorer au jaune doré, d’ici une douzaine de jours, ils seront bons à ramasser.

Certaines propriétés ont démarré leur récolte de blanc depuis quelques jours à grand renfort d’échos médiatiques. L’optimum de maturité peut différer d’une semaine selon les parcelles mêmes proches (effet terroir). D’autre part, selon l’état d’avancement du raisin, le style de vin pourra quelque peu varié, c’est le viticulteur qui prend la décision : juste mûr, le vin est frais, fruité, surmaturé, le vin est plus gras, pluscomplexe.

La récolte des rouges ne commencera vraisemblablement pas avant le 20 septembre. Dès ce lundi 7 septembre, nous allons commencer avec l’œnologue, Marie-Laurence Porte, les contrôles de maturité pour suivre l’évolution de celle-ci et ainsi mieux anticiper la meilleure date de vendange des merlots en premier, des cabernets-sauvignons ensuite..

jeudi 3 septembre 2009

Lidl

Lidl

Quelques clients fidèles se sont émus, suite à la parution dans les journaux, d’une publicité proposant du château Haut-Lagrange 2007 au prix de 6,49 euros.

Il s’agit d’une cuvée spécialement assemblée pour le client dite «Cuvée Grand Chêne» que la publicité a omis de préciser, créant ainsi une ambiguïté dans la proposition.

Nous n’avons pas encore mis en vente le château Haut-Lagrange 2007, il convient de le laisser quelques temps en bouteille pour qu’il achève sa maturation et acquiert ce fruité et cette finesse caractéristique de nos vins. Nous faisons cela chaque année : mise en réserve des bouteilles de 6 à 9 mois après la mise.

En ce qui concerne la cuvée Grand Chêne du 2007, les vins sont prêts à boire plus rapidement et compte tenu des conditions de l’offre, je ne peux que recommander d’acheter une bouteille pour voir si le vin correspond au goût de chacun et si oui, ne pas hésiter à faire le plein.

On nous a signalé que 24 heures après l’offre, les stocks étaient épuisés dans certaines régions ! En effet, il y a eu 20.000 bouteilles de conditionnées en "Cuvée Grand Chêne" et la proposition a été faite au niveau national.

mardi 19 mai 2009

Jamais comme on le voudrait...

Jamais comme on le voudrait…

Les risques de gelée s’estompant, c’est avec plaisir que l’on voit sortir dans leur vert tendre de jeunesse, les feuilles et les mannes (futures grappes) qui vont faire la récolte 2009.

Hélas, dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 mai, de gros abas d’eau se sont produit – 35 mm sur 30 mn - et au milieu des gouttes, des grêlons qui ont abimé la végétation sur 3 ha. Cette grêle est heureusement restée localisée, nous aurons une perte de récolte sur ces parcelles d’au moins 70 %.

Il reste 17 ha de vigne qui pousse d’autant plus vite que la chaleur enfin revenue, agit sur un sol humide, activant la circulation de la sève. Sur cette vigne, il y aura des vendanges en vert à effectuer.

La semaine dernière, j‘accompagnais le Grand Conseil du Vin de Bordeaux pour la création d’une commanderie de Bordeaux à Budapest et à Salzbourg. j’ai ainsi eu l’occasion de visiter le vignoble de Tokay.

Nous avons dégusté des vins absolument magnifiques au degré d’alcool ne dépassant pas 12°, avec une richesse en sucre très élevée. Ces vins fermentent sur plusieurs mois dans des caves souterraines impressionnantes, un travail d’orfèvre pour un résultat surprenant.

L’effet « Parker » ne s’appliquant pas sur ces vins, on trouve une finesse, une élégance rare. Un grand bonheur que de déguster des vins de cette qualité mais qui se paye, les bouteilles de 0,50 l étaient proposées entre 30 et 50 euros.

Les grands vins sont partout dans le monde et il nous revient toujours qu’un grand vin est un vin qui a de la finesse, qui sait vieillir et qui donne du plaisir. C’est ce à quoi nous nous employons pour, une fois de plus en octobre, faire un grand vin avec ces belles grappes qui en sont au stade bébé.

vendredi 17 avril 2009

En route pour 2009

Au sortir d’un hiver plutôt froid, la vigne recommence à vivre.

Les bourgeons ont gonflés, certains cépages comme le merlot voient leur feuilles se développer, les futures grappes se distinguent déjà bien.

La sortie est belle, une alerte gelée a eu lieu le 8 avril, veille de la pleine lune, mais la température n’est pas descendue en dessous de -2°, seuil en deçà duquel les dégâts sont irréversibles.

Les programmes de traitement sont optimisés pour encore une fois réduire au maximum ceux-ci. La pression mildiou semblerait moins forte que ces dernières années, sauf si le temps se met au chaud et humide, il conviendra alors d’être très vigilant.

Nos clients, principalement des cavistes, réalisent de belles ventes auprès de leur clientèle et nous sommes sollicités pour les réapprovisionnements. Le créneau de vente dans lequel nous évoluons, qualité du produit, son authenticité reconnue Graves Pessac-Léognan, les prix raisonnables que nous pratiquons, nous permettent de passer cette période sans dommage, sauf peut-être à l’exportation, mais là, seules des visites régulières fidéliseront nos clients qui sont très sollicités par ailleurs

La saison des communions, mariages et autres fêtes de famille va démarrer, nous réalisons beaucoup de ventes pour ces fêtes. Et quelque soit la composition du repas, sauf peut-être les plats très épicés, les vins de Haut-Lagrange s’harmoniseront parfaitement avec les mets de fête.

Ce week-end s’annonce occupé. En effet, nous recevons ce samedi 90 arbitres de la Fédération Française de Rugby qui viennent découvrir nos vins par une dégustation de blanc 2007 et de rouge 2004.

Bon week-end

vendredi 24 octobre 2008

Vendanges finies et bien finies…


Vendanges finies et bien finies…

Les merlots terminés, il a fallu attendre la bonne maturité des cabernets-Sauvignons. Le beau temps, frais la nuit, pas trop chaud le jour garantissait un bon état sanitaire.

Le potentiel d’anthocyanes (tanins) était présent, mais ceux-ci étaient difficilement extractibles. Entre le 1 et le 9 octobre sur les vignes de 20 ans, nous n’observions aucune évolution dans les degrés potentiels : 11,5% et l’acidité élevée : 6 g. La dégustation des baies laissait apparaître un goût très légèrement végétal. Seules les plantes pouvaient être ramassées.

Notre inquiétude était de voir le feuillage de la vigne et de la végétation en général changer de couleur avec presque 3 semaines d’avance et donc plus aucune photosynthèse. L’évolution de la maturité ne pouvait se faire qu’à l’intérieur de la baie sous l’action du soleil et des variations d’hygrométrie.

A partir du 9 et en une semaine, les clignotants sont passés au vert, l’état sanitaire était correct mais fragile, la décision est prise de démarrer la dernière phase des vendanges le 15 octobre pour se terminer le 20 octobre, avec des résultats moyens d’analyse à 12 % et 4,5 g d’acidité totale.

Cette attente qui a fait terminer les vendanges si tard (malgré tout à une date normale si l’on se réfère à la moyenne de ces 20 dernières années) n’a pas été stressante ; la raison : le temps propice à un bon état sanitaire, une bonne concentration des baies et surtout, savoir que nous puissions bénéficier des conseils avisés et de la grande compétence du professeur Yves Glories.

Nous restons dans notre démarche de faire des vins bien structurés, riches tout en gardant leur typicité Pessac-Léognan : fruité, finesse, équilibre, élégance, c’est après fermentation ce que l’on goute dans les cuves.

La fin des vendanges ce 20 octobre 2008?

vendredi 3 octobre 2008

Dans l'attente des Cabernet-Sauvignons

Les millésimes se suivent mais décidément ne se ressemblent pas. Voilà un millésime que l’on avait enterré début septembre et pour d’obscures raisons, pourtant, il ne devrait pas décevoir.

Les blancs – Sauvignon – sémillon ont été ramassés les 15 et 16 septembre avec un bel équilibre alcool sur acidité, 12% et 4 g d’acidité totale. Le choix de la date nous a été guidé par l’état sanitaire qui commençait à se dégrader. Monsieur Peynaud (grand précurseur de l’œnologie en bordelais dans les années 60-80) conseillait toujours de privilégier l’état sanitaire à la maturité optimum (mais quelle en est la définition ?). Bref, on a ramassé et le résultat est tout à fait honorable, on en saura plus lorsque la fermentation sera complètement terminée. Les rendements ont été faibles 28 hl par hectare.

Nous avons ensuite patienté quelques jours, il faisait beau, 22-24° le jour, frais la nuit.

Les merlots ont été ramassés entre le 25 septembre et le 2 octobre avec des degrés excellents (entre 13 et 13,5%) et de belles acidités (3 g). Le bon équilibre alcool-acidité/maturité des tanins était à son optimum, l’authenticité Pessac-Léognan sera préservée dans le vin.

Ce temps d’automne (températures moyennes de fin octobre, début novembre) a fait évoluer la végétation très vite, le feuillage de la vigne comme celui des bois change de couleur rapidement et le temps frais a ralenti la maturité des Cabernets-Sauvignons, tout en les préservant du botrytis

Nous attendons donc encore quelques jours pour démarrer leur vendange. En tout état de cause, ils devront être ramassés pour le 20-22 octobre, ils ne gagneront plus après cette date sinon en concentration d’alcool, ce qui fera perdre au vin son authenticité.

Les dates moyennes de vendange sont en retard de 10 à 15 jours par rapport à ces 5 dernières années mais restent dans la moyenne de ces 20 dernières années.

mardi 25 mars 2008

Le Printemps à Haut-Lagrange

Après un mois de janvier et février particulièrement cléments, la végétation avait pris un peu d’avance. Le froid revenu pendant cette période de Pâques a remis les pendules à l’heure.

Tout le monde est au travail dans la vigne : calage des pieds sur les marquants ou au fil de fer du bas, attache des astes sur ce même fil de fer, remplacement des pieds morts, début des travaux du sol (labour, passage des disques).

La dégustation des primeurs va commencer en ce début avril. La mauvaise réputation du millésime 2007 était déjà faite alors que les grappes n’étaient pas encore récoltées. Le beau temps qui a été dominant en septembre et octobre a sauvé la récolte.

Nous avons fait l’assemblage de ce millésime avec le professeur Glories, le résultat est tout à fait satisfaisant. Mais, attendons le verdict, celui-ci est déterminant pour l’avenir d’un vin et le renom d’une propriété. Star système oblige, seulement, donne-t-on le prix Goncourt à la lecture du premier chapitre d’un livre ?

Nos vins ont reçu quelques récompenses, la dernière est la note de 90/100 pour le blanc 2005 dans le magazine US Wine Spectator. Le rouge 2005 a reçu la note de 79/100, ce qui est bien mais il avait seulement 3 mois de bouteilles lors de la dégustation… Il faut à nos vins un minimum d’un an en bouteille pour qu’ils puissent commencer à procurer du plaisir.

Les caves Vaneau organisent une dégustation sur une péniche amarrée au pont de Bir Hakeim à Paris, j’y serai le 26 mars. Le samedi 5 avril, je ferai découvrir à la clientèle du magasin Dalloyau rue du Faubourg Saint Honoré à Paris le 2004.

Au cours du déjeuner des mécènes et membres bienfaiteurs de l’Opéra de Paris sous la présidence de Madame de Rothschild, Haut-Lagrange 2003 rouge a été choisi pour accompagner une limande sole rôtie, fricassé d’artichauts et girolles au vert de blette (repas préparé par la maison Dalloyau, vin conseillé par Marlène Vandramelli, meilleure jeune sommelière de France en 1993).

Voilà des références sur lesquelles nous avons plaisir à communiquer.

Avec mes sentiments les meilleurs.

Francis Boutemy

dimanche 21 octobre 2007

Les vendanges 2007 à Haut-Lagrange

Petite chronique des Vendanges 2007 à Haut-Lagrange…
… où les années se suivent et décidément ne se ressemblent pas.

Le printemps, l'été.

La saison a débuté avec une très forte pression du mildiou, une pression comme rarement vu en Gironde, parfois jusqu’à la destruction des grappes. La vigne a été « éclaircie » naturellement !

La floraison a débuté avec 3 semaines d’avance, mais un mois de juillet pas très beau et surtout un mois d’août plutôt froid et humide ont ralenti la maturité.

Le miracle est venu de septembre, mois au cours duquel le vent d’est amenant un temps sec, frais la nuit, chaud le jour, a permis au raisin de finir sa maturation très lentement et dans d’excellentes conditions. Et heureusement que la végétation avait de l’avance à l’entrée de l’été, sinon nous serions seulement en train de commencer le ramassage des merlots !!!

Les Blancs (Sauvignon : 1 ha, sémillon : 1 ha).

Mi-août, l’inquiétude fut grande dans le vignoble sur les degrés potentiels des blancs, surtout des sémillons et sur quelques apparitions de foyer de botrytis, mais l’inquiétude était non fondée. Alors qu’en Pessac-Léognan, on coupait les grappes de blanc à grande vitesse depuis plusieurs jours, nous démarrions la récolte le 3 septembre car le botrytis menaçait. En trois jours, tout était rentré avec des degrés naturels pour les sauvignons à 12,8 et pour les sémillons à 12° Les acidités sont plutôt élevées, supérieures à 4,2g, mais ceci n’inquiète pas le professeur Glories qui préconise d’attendre quelques semaines d’élevage pour que le vin retrouve un équilibre naturel.

La récolte a été faible malgré une charge de raisin correcte, les graines étaient petites et le rendement en jus limité (37 hl/ha).

Les Rouges. Les merlots (8,0 ha), les cabernets-sauvignons (8,5 ha)

Les rouges sont restés sains très longtemps, mais à partir du 19 septembre, les nuits froides, les jours ensoleillés ne permettaient plus une évolution significative de la maturité, sinon un dessèchement des graines préjudiciable aux arômes de fruit. Pour les merlots, nous observions des degrés potentiels supérieurs à 12,5°, des acidités de 3,5g, une peau épaisse et sucrée, des pépins au goût de noisette, sans amertume. C’était la bonne date pour les ramasser, ce qui fut fait en 5 jours. Les prélèvements que nous faisions étaient loin d’être généralisés, à quelques kilomètres de Haut-Lagrange, les vendanges ne pouvaient démarrer que 8 jours plus tard avec des degrés potentiels inférieurs de 1 degré : l’effet terroir.

Le vin à l’écoulage présente un beau potentiel qualitatif, du gras, du fruit. Les indices de tanins et de coloration sont très élevés (indices de polyphénols supérieurs à 70).

Quelques jours d’attente ont été nécessaires avant de reprendre la récolte des cabernets. Les degrés potentiels étaient de 12°, l’acidité de 4g, avec le même constat gustatif que pour les merlots. Leur ramassage commençait le 2 octobre pour s’achever le 8 octobre. Les vins à l’écoulage ont une belle structure, une très belle couleur avec des indices de tanins supérieurs à 60.

La surprise vient de la qualité des vins obtenus. La difficile maturité laissait craindre des vins déséquilibrés, peu aromatiques. Il n’en est rien. Le vin va encore évoluer au cours de son élevage, d’ici une année ou deux, nous aurons à déguster des vins « plaisir ».

Encore une fois, je ne comprends pas cet effet de mode dans le vignoble : attendre la sur – surmaturité avant de ramasser le raisin (certains à terroir similaire au nôtre, ont ramassé 15 jours après nous). Les vins obtenus sont plus des bêtes de concours que des vins à la typicité Pessac-Léognan.

Il me vient souvent à l’esprit cette comparaison : si l’on croque une pomme bien mure, tout juste cueillie, on a plaisir à retrouver les saveurs légèrement acidulées de chaque variété. Cette même pomme croquée huit jours plus tard sera plus savoureuse, plus sucrée. On imagine bien le parallèle que l’on peut faire avec le raisin. Le vin qui découle de la fermentation d’un raisin mûr aura du fruit, de la finesse, de l’élégance, héritier d’une saveur authentique ; le vin issu d’un raisin surmaturé aura de la rondeur, sera tannique, souvent très boisé (c’est la même école). Il sera en concurrence avec les vins aux saveurs identiques d’autres régions du Bordelais, sinon du Languedoc ou d’autres pays du nouveau monde..

Nous constatons avec plaisir que de plus en plus, les amateurs reviennent vers les vins qui ont l’authenticité de leur terroir, le 2007 produit à Haut-Lagrange n’échappera pas aux caractères d’un blanc de Pessac-Léognan : fraîcheur harmonie, équilibre, complexité, et d’un rouge de Pessac-Léognan : fruité, équilibre, harmonie, finesse, élégance.


A Léognan, le 23 octobre 2007, avec les sentiments les meilleurs de Francis BOUTEMY

lundi 1 octobre 2007

Belle surprise

Nous avons fini de rentrer les merlots en milieu de semaine dernière. La première cuve a terminé sa fermentation, la macération va continuer pendant encore 2 semaines. Pour finir, les quelques inquiétudes que l’on pouvait avoir sur la qualité du millésime s’avèrent infondées. Le produit fini est fruité, gras, le vin après une période d’élevage de 18 mois, devrait être dans la lignée des 2004-2006.

Ce matin, la pluie de la nuit cessant, nous démarrons la récolte des Cabernets-Sauvignon. Ce mois de septembre au temps idéal, a permis d’attendre une bonne maturité en préservant l’état sanitaire impeccable du raisin. Mais avant de nous prononcer sur la qualité des cabernets, attendons le produit fini, pour le moment, ils sont sains et ont un potentiel d’alccol de 12,5° et une acidité de 4 g.

La météo de la semaine est bonne, c’est le temps qu’il nous faut pour ramasser tous les cabernets

lundi 17 septembre 2007

Qui va piano, va sano e va lontano

Mais malgré tout, il est faut y aller.

Les merlots sur lesquels nous redoutions des développements de botrytis, sont restés très sains avec le temps exceptionnel que nous avons connu depuis les dernières pluies d’août. L’avis autorisé de l’œnologue, Yves Glories, ex-doyen de la faculté d’œnologie et d’Arnaud Dessis, le technicien attaché à Haut-Lagrange nous ont convaincu de commencer à ramasser ce mercredi.

Tant que le raisin n’est pas dans la cuve, nous nous abstiendrons de faire des pronostics, alors rendez-vous dans quelques jours.

Les blancs ont fini leur fermentation, ils se révèlent aromatiques et fins, belle surprise car nous redoutions une qualité un peu inférieure aux autres années. Par contre, et ce n’est pas la faute au mildiou, la quantité est réduite, les raisins étaient petits.

Le temps est perturbé aujourd’hui et demain, les pluies vont laver le raisin, mercredi, il fait beau !

jeudi 6 septembre 2007

Le millésime 2007 blanc est en cuve

2007 est une année pas facile pour la vigne - mais quelle année n’apporte pas son lot de particularité ?

Il y a eu un automne 2006 pluvieux, un très beau printemps qui a entraîné une précocité de la végétation – presque 3 semaines – et une très forte pression du mildiou. Les mois de juillet et août ont été frais avec un déficit d’ensoleillement, ce qui a ralenti la maturité des raisins et a ramené le début des vendanges à une date à peu près normale.

La dégustation des jus de raisin montre un potentiel qualitatif satisfaisant, les degrés naturels en sémillon sont de 11,5 et en sauvignon de 12,5 avec des acidités plus importantes mais que l’on connaissait autrefois 4,5 grammes. Par contre, les rendements sont très faibles, les baies sont petites.

Les jus se clarifient très bien, c’est l’opération de débourbage qui permet aux particules végétales de se déposer au fond et ainsi de laisser fermenter un moût limpide tout en étant encore d’une couleur laiteuse. La fermentation va donc démarrer d’ici 24 heures pour les premiers jus ramassés.

Le temps actuel est idéal, les nuits sont fraîches, le soleil brille et ne chauffe pas trop. Le vent de nord-est permet de maintenir les raisins rouges dans un bon état sanitaire et d’attendre sereinement maturité optimum.

Hier la météo nous annonçait de la pluie pour la semaine prochaine mais ce matin, grand beau temps jusqu’au 16, nous déciderons alors lundi si nous commençons les merlots de 12 ou le 17 septembre.